Cross-training course à pied, entrainement croisé

Le cross-training en course à pied : Complément utile ou fausse bonne idée ?

La course à pied est une discipline exigeante qui sollicite intensément les muscles, les articulations et le système cardiovasculaire. Face aux risques de blessures et à la nécessité de diversifier l’entraînement, de nombreux coureurs se tournent vers le cross-training, c’est-à-dire l’intégration d’autres sports pour compléter leur pratique.

Mais cette approche est-elle réellement bénéfique ? Peut-elle améliorer la performance en course à pied ou constitue-t-elle simplement un moyen de limiter les blessures ? Cet article explore les bénéfices et les limites du cross-training en s’appuyant sur la littérature scientifique.

Définition du cross-training en course à pied

Le cross-training regroupe différentes activités visant à améliorer la condition physique tout en réduisant l’impact des entraînements répétitifs en course à pied. Parmi les disciplines souvent intégrées, on retrouve :

  • Le vélo : sollicite les muscles des jambes et le système cardiovasculaire sans impact sur les articulations.
  • La natation : favorise l’endurance et la respiration sans contrainte mécanique sur le corps.
  • L’elliptique : reproduit un mouvement proche de la course en limitant l’impact.
  • Les montées d’escaliers : renforcent la puissance musculaire et la capacité cardiovasculaire.
  • Le ski de fond : améliore l’endurance générale en sollicitant l’ensemble du corps.

L’objectif du cross-training est donc de préserver ou améliorer certaines capacités physiques sans surcharger les structures sollicitées par la course.

Les bénéfices du cross-training

1. Amélioration de l’endurance et des capacités aérobies

Quelques études ont abordé le sujet du cross-training. Une étude menée sur des femmes non entraînées a montré qu’un programme de vélo ou de course pouvait entraîner des améliorations similaires des capacités aérobies, même dans la discipline non pratiquée (Mutton et al., 1993).

Cette capacité de transfert semble cependant plus marquée chez les débutants que chez les coureurs expérimentés. Plus le coureur est avancé, plus les adaptations deviennent spécifiques à la course à pied.

2. Prévention des blessures et récupération active

Les blessures liées à la surcharge sont fréquentes chez les coureurs en raison des impacts répétés au sol. Le cross-training permet de :

  • Réduire la charge mécanique en remplaçant certaines séances de course par du vélo ou de l’elliptique.
  • Maintenir la condition physique en cas de blessure (par exemple, le vélo ou la natation permettent d’entretenir le système cardiovasculaire sans solliciter les articulations).
  • Renforcer des groupes musculaires complémentaires, ce qui peut améliorer la stabilité et l’efficacité de la foulée.

Une étude de Millet et al. (2002) suggère que les athlètes blessés peuvent conserver leur condition physique en pratiquant l’elliptique, ce qui permettrait de maintenir la VO2 max.

3. Diversification de l’entraînement et prévention de la fatigue mentale

L’entraînement en course à pied peut parfois devenir monotone, ce qui peut nuire à la motivation. Intégrer d’autres disciplines permet de maintenir l’envie de s’entraîner tout en continuant à travailler son endurance.

Les limites du cross-training : L’impact sur l’économie de course

L’un des principaux facteurs de performance en course à pied est l’économie de course, c’est-à-dire la capacité d’un coureur à maintenir une vitesse donnée avec une consommation minimale d’oxygène.

Pourquoi l’économie de course est-elle essentielle ?

L’économie de course est influencée par plusieurs facteurs, notamment :

  • L’amélioration de la technique et de la coordination : plus un coureur s’entraîne, plus sa foulée devient efficace.
  • La rigidité musculo-tendineuse : une bonne élasticité du système musculo-squelettique permet de restituer l’énergie élastique à chaque foulée.
  • L’activation neuromusculaire : le recrutement des fibres musculaires devient plus efficace avec l’entraînement spécifique à la course.

Cependant, le cross-training ne favorise pas autant l’amélioration de l’économie de course que la course elle-même(Saunders et al., 2004).

Le cross-training peut-il altérer la performance en course ?

Le vélo et la natation, bien qu’excellents pour le cardio, ne sollicitent pas les mêmes muscles et ne reproduisent pas les mêmes schémas moteurs que la course. Une étude de Spurrs et al. (2003) a démontré que les coureurs qui s’entraînent principalement en course à pied améliorent plus leur économie de course que ceux qui intègrent du cross-training en substitution.

Cela signifie que si l’objectif est la performance en course à pied, il est essentiel de maintenir un volume minimal de course pour éviter une perte d’efficacité biomécanique.

Comment intégrer le cross-training dans un plan d’entraînement ?

Le cross-training doit être utilisé en complément, et non comme un substitut total à la course.

Pour qui le cross-training est-il adapté ?

  • Débutants : permet d’augmenter le volume d’entraînement sans trop solliciter les articulations.
  • Coureurs réguliers : aide à la prévention des blessures et améliore l’endurance.
  • Coureurs blessés : permet de maintenir le cardio en période d’arrêt de la course.
  • Coureurs en quête de diversité : permet d’ajouter du dynamisme à l’entraînement.

Conclusion : Le cross-training, Oui ou Non ?

Le cross-training est un excellent outil pour diversifier l’entraînement, prévenir les blessures et améliorer l’endurance. Cependant, il ne remplace pas la course à pied si l’objectif est la performance.

À retenir :

  • Le cross-training améliore la capacité cardiovasculaire et réduit le risque de blessures.
  • Il ne permet pas d’optimiser l’économie de course autant que la course elle-même.
  • Pour un coureur souhaitant progresser, il est recommandé de maintenir un volume de course suffisant.

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Catherine est kinésiologue de formation depuis 2015 en plus d’être entraîneuse affiliée à la Fédération québécoise d’athtlétisme. Elle est également ahtlète en athlétisme de niveau national (16:31 au 5km). Elle s'inspire de son parcours académique et athlétique pour vous aider à mieux préparer vos défis sportifs.

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